Après Covid-19, comment le paysage hypothécaire français a-t-il changé?
1 – Aperçu de la situation
En fin 2019 jusqu’au début 2020, les taux d’intérêts français ont atteint des niveaux historiquement bas. Durant cette période, nous avons réussi à obtenir une crédit amortissable sur 20 ans avec un taux fixe de 1,08% sur la Côte d’Azur, une offre également sur 20 ans avec un taux fixe de 1,20% à Paris mais aussi un emprunt pour la même durée avec un taux fixe de 1,35% dans les Alpes.
Le Brexit avait en quelque sortes effrayé les banques françaises mais cela n’a pas empêché la souscription de nouveaux crédits. La ratification du Brexit à la fin de janvier 2020 a été un soulagement (pendant encore 12 mois au moins) et un retour de la confiance du côté des banques.
En février, nous avons vu les premiers cas de Covid-19 en Europe occidentale (Italie et France) jusqu’à sa propagation au Royaume-Uni et dans toute l’Europe. Le confinement a été déclaré en France et au Royaume-Uni à la mi-mars et a duré plus de 2 mois. Depuis la fin du mois de mai, le confinement a été assoupli et de nouvelles normes commence à s’établir.
2 – Que se passe-t-il sur le marché immobilier français?
Nous avons remarqué des réductions des prix de l’immobilier, de 5% à 15%. Tout dépend du type de propriété, de la demande et de l’offre.
Les banques françaises exigent généralement une expertise de la propriété, ce qui permet indirectement aux clients de se tourner vers le vendeur avec de bons arguments de négociation.
Certains experts estiment que le marché de l’immobilier n’augmentera qu’à partir de 2022, ce qui n’est pas si loin, surtout lorsque l’achat est sur-plan (VEFA).
3 – Que se passe-t-il sur le marché du prêt français?
Les banques françaises ont continué d’accepter les demandes de prêts pendant le confinement, cependant, elles mettaient beaucoup plus de temps avant de valider les dossiers pour les non-résidents puisqu’elles se concentraient sur les besoins pressants des entreprises et des résidents locaux pour traverser cette crise. L’effectif des banques a été réduit, les retards se sont allongés mais les banques n’ont jamais cessé de prêter, ce qui montre que le marché tient le coup!
Certaines banques, qui avaient généralement besoin d’un rendez-vous avec le client en France pour ouvrir un compte bancaire par exemple, ont accepté de changer leurs méthodes: les clients peuvent faire certifier les documents par un notaire au Royaume-Uni par exemple. Encore une fois, cela montre à quel point certaines structures sont disposées à continuer de faire fonctionner l’économie.
4 – Qu’en est-il des critères, taux, quotité de financement et garantie?
Les banques examineront attentivement la société dans laquelle travaillent les clients. Si vous êtes dans l’hôtellerie, le tourisme, etc., elles seront plus attentives afin d’être certaines que vous serez en mesure de rembourser votre crédit les prochaines années (ces industries connaissant un creu très important). Certaines banques ont décidé de ne pas prendre en compte les primes, en se basant uniquement sur le salaire de base des candidats. Les banques françaises sont connues pour être prudentes, et c’est ce qui permet au marché français d’être moins risqué que les autres marchés immobiliers d’autres pays. C’est là que le rôle du courtier est important. Nous sommes expérimentés et entretenons de bonnes relations avec les banques, ce qui facilite la négociation en fonction de votre profil pour augmenter vos chances de succès.
Si vous suivez les taux indicatifs des bons du Trésor sur 10 ans, vous pouvez constater une augmentation globale de l’indice ces deux derniers mois. On remarque le même phénomène avec l’EURIBOR 3m, avec une variation de – 0,43% à – 0,28%. Ce sont des signes que les taux d’intérêt allaient augmenter. Nous avons vu certains de nos partenaires bancaires augmenter leurs taux de 1,50% fixes sur 20 ans à 1,80% (crédit amortissable). Si l’augmentation peut être considérée comme un bond de géant dans le contexte des marchés, le taux lui-même est toujours excellent:
En ce qui concerne la quotité de financement (le pourcentage du prêt par rapport au prix d’achat), de nombreuses banques la maintiennent inchangée. Nous n’avons pas remarqué de différence pour la plupart des candidatures. Cependant, en optant pour des prêts supérieurs à 1M€, nous avons plus de chances que la quotité de financement puisse être réduite (par exemple de 85% à 75%), en fonction du profil du client et d’autres facteurs. Dans l’ensemble, la quotité moyenne est d’environ 70%, ce qui est toujours un bon point.
La garantie (actifs sous gestion) va de pair avec l’augmentation de la quotité de financement. Afin de la conserver ou de l’augmenter, dans certains cas, quelques banques françaises n’hésiteront pas à exiger que des fonds soient placés au sein de leur établissement pendant la durée du prêt. Mais encore une fois, pour les crédits inférieurs à 1M €, peu de choses ont changé.
Globalement, les conditions proposées par les banques françaises sont toujours excellentes, vous permettant de fixer un taux bas sur le long terme ce qui facilite vos plans de financement futurs et vous donne une certaine sécurité. Certaines banques resserrent leurs critères d’accessibilité, mais ce n’est que pour protéger le client d’un potentiel défaut de remboursement (il y a toujours un élément de risque). Le marché du crédit immobilier semble suffisamment solide pour traverser cette crise.